La vérité sur le carnage de Houlé
Vox Clamantis (26 mai 2012)

Nous demandons à nos lecteurs de ne pas se laisser impressionner par la campagne médiatique au sujet du massacre de Houlé. Contrairement à l’assertion des médias et à nos premières informations puisées par ouï-dire et par supputation, l’armée syrienne régulière ne s’est pas rendue sur les lieux et n’a pas bombardé Houlé.


Il s’agit, de la part des terroristes,  d’un coup monté, auquel l’opinion publique est déjà très habituée et, de la part du gouvernement d’une démission inacceptable qui laisse des civils innocents confiés à sa protection et des forces de l’ordre en nombre insignifiant être l’objets d’impressionnantes attaques de centaines de miliciens féroces, prêt à tout et armés jusqu’aux dents avec pour mission de « créer » les victimes pour exploiter médiatiquement leur sang. Ceci coïncide avec l’annonce de la visite prochaine de Kofi Annan et le but est de discréditer cette mission en rejetant tout le blâme sur les autorités syriennes légitimes.  Les nouvelles que nous donnons viennent de témoins oculaires vivant sur les lieux. Ils n’ont pas pour finalité de « protéger » le régime mais de « protéger » la population civile, délaissée par le gouvernement et « livrée » à la sauvagerie des terroristes.


La vérité sur Houlé

Voici ce que nous avons reçu d’un témoin oculaire de Kfar Laha, près de Houlé :

« Les bandes armées sont sorties de Rastan et de Saan, entre Homs et Hama vers 20 heurs. Elles ont attaqué les barricades des forces de l’ordre autour de l’hôpital Al Watani (national) et ont tué et blessé près de 35 éléments des forces de l’ordre puis ont pénétré dans l’hôpital gouvernemental. A l’intérieur de l’hôpital se trouvaient les patients et les équipes sanitaires et quelques parents accompagnant les malades, près de 25 personnes. Les bandes armées ont massacré toutes les personnes présentes puis ont brûlé l’hôpital après avoir transporté les cadavres. Sur les bandes vidéo des rebelles ont voit que ceux qui transportent les cadavres le font sur des couvertures sur lesquelles est écrit en arabe « ministère de la santé ». Ceci prouve qu’ils sont les auteurs du crime. Les bandes armées se sont ensuite dirigées vers les maisons avoisinantes, ils massacrèrent leurs habitants et brûlèrent cinq maisons après avoir transporté les cadavres. Des renforts sont arrivés de la part des forces de l’ordre. Il y eut des échanges de feu et neuf des terroristes furent tués.


En chemin, ils se sont introduit dans une pharmacie et fusillèrent le pharmacien pour le punir d’avoir vendu des médicaments à un membre du service de l’ordre, et ils brûlèrent sa pharmacie.


Vers 22 heures les bandes armées se sont dirigées vers le village de Tal Daw. Ils ont investi le quartier sud et ont massacré des familles alaouites, hommes, femmes et enfants, puis ont mis le feu après avoir transporté les cadavres.


Les cadavres rassemblés ont été placés dans une mosquée à Houlé pour les montrer aux Observateurs de l’ONU comme étant un massacre perpétré par l’armée.


Diverses nouvelles de la région de Homs et de Hama

A Salamiyeh, gros village à l’Est de Hama, sur la route d’Alep, habité par une majorité d’ismaélites dont un grand nombre sont des opposants (communistes et houranis) il y avait un deuil et les gens venaient présenter leurs condoléances, des bandes armées habillés avec des « schmâkhs », couvre-tête des bédoins du désert, sans doute pour inciter les gens de Salamiyeh à croire que ce sont leurs voisins les bédoins du désert « badiyât » de Hama et fomenter la guerre civile. La bande armée de BKC ont ouvert le feu sur la foule pendant cinq minutes tuant sept personnes et en blessant un grand nombre.


Dans le village de Shiphoniyeh, près de Kattineh, à 15 kms au Nord de Homs, des bandes armées se sont introduites en grand nombre et ont massacré deux familles : Abdallah Abdel Nabi et ses six enfants ainsi que son voisin et son fils. Ils ont aussi brûlé les maisons avant de se retirer.


Toute la campagne de Kusayr est à feu et à sang,  dans un vide sécuritaire effrayant. Depuis deux semaines la guerre civile a commencé entre les villages sunnites et les villages chiites (métoualis). Les sunnites du village de Saargi –des contrebandiers et des bandits- ont commencé par tuer et kidnapper des civils des villages chiites dans les villages de Safsafé, Zeyté, Hawik. Pour se protéger les chiites ont dû prendre les armes car les sunnites les attaquaient avec des fusées, des mitraillettes et des mortiers, et des RPG. Les chiites ont été pris de court car ils n’étaient pas armés mais certains possédaient des armes individuelles. Les chiites on kidnappé deux sunnites de la famille Hseykeh et jusqu’à présent l’atmosphère est très tendue.  Un contentieux ancien opposait ces deux villages mais ils avaient célébré une grande réconciliation avec la présence du Cheikh Naïm Qassem, le vice-président du Hezbollah. On avait invité les villages d’alentour et les notables chrétiens de Kusayr y étaient invités. Malheureusement la consigne des bandes armées est d’allumer à tout prix le conflit religieux et, en l’absence des forces de l’ordre ou devant leur impuissance il n’y a pas d’autre alternative pour les habitants que de se protéger des bandes armées en prenant eux-mêmes les armes.


Comme nous l’évoquions dans notre article d’hier les villes et les villages se dirigent vers une autonomie sécuritaire à partir d’alliances et d’équilibres tribaux subtiles et invraisemblables (par exemple comme nous le disions, l’accord réalisé entre Nebek et Flitta était : « ne kidnappez plus nos ressortissants sinon nous interdirons aux habitants de Flitta d’entrer à Nebek ».


Le régime est-il en train d’accepter la réalité d’une désaffection de facto de sa présence sécuritaire en vertu de laquelle la mosaïque syrienne se fracture dans une logique d’affinités confessionnelles, tribales ou politiques, au gré des alliances, des rejets, des trahisons pour un réalignement à la manière libanaise ? Sinistre perspective….

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