Procès Biram et co-accusés


Dijy Sow, Biram Abeid et son vice président condamnés à deux ans de prison ferme !


Ama Sy (15 janvier 2015)


Mis aux arrêts le mardi 11 Novembre et déféré à la prison civile de Rosso, Biram Dah Abeid, président d’IRA Mauritanie, son vice président Ould Bilal et Djiby Sow président de l’ONG KAWTAL ont été condamné ce jeudi 15 janvier à deux ans d’emprisonnement. Les autres co-accusés ont été relaxés. Lundi 29 Décembre, le procureur avait requis cinq d’emprisonnement contre les accusés. Des heurts ont été enregistrés devant le tribunal, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les militants d’IRA qui contestent le verdict. Pour la trentaine d’avocat de la défense et les partisans c’est un « procès politique » et « dossier vide »


Arrêtés le 11 novembre et déférés suite au blocage de la caravane de « sensibilisation contre l’accaparement des terres de la vallée » communément appelé « esclavage foncier », Ould Abeid et les autres répondaient aux chefs d’accusation « résistance aux forces de l’ordre, appartenance à une organisation non autorisée » entre autre. Après deux mois et cinq jours de prison, le verdict tombe. Ils écopent de la moitié de la peine maximale. Le réquisitoire entièrement écrit du procureur lors de la 3ème journée du procès qui, à « aucun moment ne s’est détaché de son texte qu’il a lu d’un trait » laissait présager une condamnation plutôt qu’une relaxe à l’issue du procès.

Selon des sources médiatiques des cas d’asphyxie ont été enregistré suite à « la prise d’assaut » du palais de justice par les militants d’IRA qui contestent le verdict et l’usage « massif » de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre. Les vitres du bus de la police qui transportait les détenus auraient été brisés dans les heurts.

Djiby dont l’ONG KAWTAL est autorisé avait fait la demande d’autorisation de la caravane qu’il obtint avant que cette dernière ne prenne l’ampleur et tournure que nous connaissons. Lors de sa comparution, il déclarait « Mes amis et moi, nous sommes pacifiques. Nous voulons que la Mauritanie progresse. Nous sommes contre l’accaparement des terres. C’est pourquoi nous avons participé à cette caravane ». « Monsieur le président, comment dans un pays musulman, quelqu’un peut s’approprier les cimetières ou sont enterrés des musulmans pour y faire un champ et une canalisation et obliger les habitants à traverser une frontière pour enterrer leurs morts ?», a interrogé Djiby.

Les avocats de la défense avaient fait remarquer que l’accusation n’a produit aucun témoignage, aucun élément matériel confortant les accusations de violence contre les accusés. Pour Me Lo, IRA existait au moment où Biram était challenger de Ould Abdel Aziz à la dernière élection présidentielle. Il interrogeait : « Pourquoi parler maintenant d’appartenance à une organisation non reconnue ? » Il ajoutait:« On a voulu casser du Biram et on l’a cassé à Rosso. »

L’on se souvient que Biram, principal accusé avait soulevé « le caractère sélectif » des arrestations qui n’ont visés que les éléments hartani de la caravane organisée par plusieurs ONG dont l’AMDH (Association Mauritanienne pour les Droit de l’Homme) que dirige Me Faimata Mbaye. Cette remarque est peut être à l’origine de la condamnation de Djiby Sow à la même peine d’emprisonnement que ses camarades. Lui qui avait été libéré provisoirement certes mais n’appartient pas à une organisation non reconnue et puis le plus procureur ne l’avait pas interrogé, aucune question.

De sa cellule, durant sa détention préventive, le lauréat du prix ONU pour les droits de l’homme 2013 déclarait ceci : « j’envoie le message suivant aux autorités. J’aspire à être jugé pour tous les chefs d’inculpation que les laudateurs, les esclaves du faux témoignage, les racistes et les esclavagistes aigris n’ont cessé de me coller dans les médias de l’Etat, dans d’autres médias esclavagistes, racistes, et dans les mosquées. Nous sommes animés de l’esprit du sacrifice qui nous confère de résister moralement à toute condamnation même à mort car nous dédions notre vie pour les opprimés, pour les humbles, pour la démocratie» Propos recueillis par notre confrère Samba Camara.

Les heures et jours à venir nous donneront une indication sur la tournure que prendront les événements. Les heurts survenus juste après le procès laissent présager une fin de semaine mouvementée aussi bien à Rosso qu’à Nouakchott. L’arrestation d’abord puis le procès avait fait et continue de faire couler beaucoup de salive et d’encre dans les quatre coins du globe, en Mauritanie notamment.


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