"Il Giornale" est mieux que "Il Corriere" ?
(Traduction de Louis Benjamin Ndong)

"Dix morts chez les amis des terroristes". Et puis: "Israël a bien fait d'ouvrir le feu". C'est la première page d'aujourd'hui, 1 juin 2010, du Il Giormale, quotidien de la famille de Berlusconi. Il faut expliquer aux lecteurs qui n'en ont jamais entendus parler que Il Giornale ne cherche pas autant d’être de poids (il est en effet inconnu en dehors de l'Italie la plus provinciale), comme à servir les intérêts du patron de façon cynique et sans scrupules. Pour en dire une: il soutient aujourd'hui, au nom du respect de la Vie privée, cette "loi bâillon" qui devrait – en limitant les écoutes téléphoniques - empêcher des enquêtes et bloquer les informations sur les salles affaires des puissants, mais il est le plus assidu divulgateur de conversations privées - souvent sans aucune importance pénale - qui concernaient des représentants de l'opposition. Se moquant de la vie privée, il a contraint le directeur du quotidien catholique  "l'Avvenire", Dino Boffo, à démissionner, par une campagne de révélations sur une présumée homosexualité, et ceci uniquement comme représailles contre certaines positions critiques qu'il avait pris à l'égard du gouvernement.

Le titre d'aujourd'hui semble donc cohérent comme l'est la "ligne éditoriale" du il Giornale et sa culture. Il n'est pas différent de celle du gouvernement israélien: attaquer les adversaires pour défendre les propres positions du pouvoir (ou celles du patron). Israël a donc bien fait de tuer des pacifistes qui tentaient d'apporter des aides humanitaires à une population exténuée par le blocus imposé par le gouvernement israélien qui dure depuis plusieurs années; parce que ces pacifistes étaient "amis des terroristes" (les terroristes seraient les Palestiniens, coupables d'avoir voté démocratiquement pour Hamas). Le quotidien Il Giornale (et le gouvernement israélien) n'ont pas de doutes: les adversaires méritent d'être éliminés uniquement parce qu'ils sont adversaires. Avec le plomb des balles ou celui a rotation, peu importe.

Mais que dire du reste de la presse Italienne? Certes, également le reste de la "grande presse" se rallie en réalité avec Israël, de manière moins grossière par rapport au quotidien de la famille de Berlusconi. A première vue il semblerait que non: la critique pour une action inacceptable et injustifiée comme le meurtre de civiles inertes dans les eaux internationales est unanime. Mais - avec une finesse méconnue au quotidien Il Giornale - le message qui est véhiculé est celui de "l'erreur".

Prenons l'important quotidien le Corriere della Sera. Il l'intitule "le blitz israélien finit en un massacre". Finit? N'était-il pas peut-être programmé qu'il "serait fini" ainsi? Et puis à l'intérieur, il y a une interview à l'écrivain Amos Oz, du titre: Grave erreur de stupidité.
Un bon avocat - et le quotidien Corriere en est certainement un - sait que quelqu'un qui est accusé de terribles actes peut être efficacement défendu seulement avec une manipulation habile de la réalité. Il est fréquent d'entendre dans les salles de tribunaux des avocats qui insultent leur client: "c'est un imbécile!", "Il a commis un acte stupide injustifié".....
Ils savent bien que la stupidité est moins grave de la détermination cynique et peut aspirer plus facilement au pardon, ou au moins à la compréhension. Ainsi le voleur qui a frappé la vieille avec une violence sadique pour la dérober devient un jeune marginal qui a perdu (seulement pour un moment, il est clair) la lucidité de la raison.

La vérité est que le gouvernement israélien n'a pas du tout agi avec stupidité mais avec une détermination cynique: faisant le pour et le contre, il a retenu qu'autant l'efficacité dissuasive de son action serait majeure que celle -ci devait être cruelle et atroce. Après le premier moment d'indignation, la communauté internationale oubliera... Ce n'est qu'ainsi que les pacifistes éviteront de risquer leur vie dans une autre initiative pour rompre le blocus sur Gaza.

Mission accomplie donc. Il faut seulement laisser passer le temps et tout retournera comme avant, comme c'est arrivé avec l'invasion du Liban, ou comme pour l'opération "plomb durci".
Entre - temps les avocats sont au travail. Ils doivent convaincre la communauté internationale que l'énième massacre fait par l'armée israélienne n'est pas du tout la preuve définitive que ce pays s'est mis en dehors des règles de la communauté internationale et de la cohabitation civile, mais qu'il s'est agi d'une erreur "stupide", peut-être due au stress de se sentir encerclé par une masse de terroristes menaçants et cruels.

Donc, parmi les "avocats" du quotidien Corriere et les "corps spéciaux d'assauts" du Il Giornale, il faut reconnaitre que les seconds ont le mérite d'avoir des positions claires.


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