Le Hezbollah libanais s’engage militairement en Syrie en soutien de Damas

Luc Michel (25 mai 2013)


"La Syrie, c'est la protection arrière de la résistance, le support de la résistance. La résistance ne peut rester les bras croisés quand sa protection arrière est exposée et quand son support se brise. Si nous n'agissons pas, nous sommes des idiots"- Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah


L’axe géopolitique Syrie-Hezbollah-Iran
L’axe Syrie-Hezbollah-Iran est une réalité géopolitique régionale. Les rapports sont complexes entre la Syrie ba’athiste et l’Iran islamiste des mollahs, avec son protégé libanais du Hezbollah. Au-delà d’une alliance géopolitique régionale de raison, tout oppose en effet aux niveaux idéologiques ou économiques les deux régimes. Le socialisme laïque ba’athiste de Damas, multiculturel, multiconfessionnel, ayant peu de choses à voir avec l’islamisme militant de Téhéran. Mais la géopolitique est précisément ce qui va au-delà des idéologies et qui repose sur les intérêts vitaux des états. Et là convergent les intérêts de la Syrie ba’athiste et de Téhéran, avec son allié libanais.


La nature de l’alliance de Damas avec le mouvement chiite libanais Hezbollah repose aussi sur une alliance géopolitique et des intérêts vitaux communs. Saeed Kamali Dehghan, un journaliste iranien travaillant pour le Guardian britannique, analyse que « la Syrie offre à l'Iran un accès au Liban et au Hezbollah ce qui revêt une importance stratégique pour les dirigeants iraniens du fait de la proximité géographique entre le Hezbollah et Israël ». Selon Le Nouvel Observateur citant récemment un responsable libanais « Ce qui importe pour le Hezbollah, c'est que la ligne d'approvisionnement de Damas lui reste ouverte. Et il est prêt à faire tout ce qui sera nécessaire pour préserver cela ».


L’inverse est vrai. En particulier après l’éviction forcée de Damas du Liban, où l’axe stratégique avec le Hezbollah a permis à la Syrie de maintenir une certaine présence. L’armée syrienne avait du se retirer du Liban en 2005, après 30 ans de présence militaire, suite à une offensive diplomatique occidentale.


On notera encore le front politique et électoral qui unit au Liban même le Hezbollah, la branche libanaise du Parti Ba’ath Arabe Socialiste et leurs alliés musulmans progressistes et nationalistes chrétiens. Le Parti Ba’ath Arabe Socialiste, créé en 1956, est la branche du Parti Ba’ath syrien au Liban (il y a aussi un Parti Ba’ath irakien, avec une branche libanaise, héritage de la rivalité suicidaire entre les deux capitales ba’athistes Damas et Bagdad). Ses leaders sont Fayez Chkor et le député libanais Assem Qanso.


L’engagement militaire stratégique di Hezbollah
Il semble que le Hezbollah ait décidé de s’engager publiquement à l’occasion de la bataille décisive de Qusseir. Jusque là il se contentait de sécuriser la frontière libano-syrienne et les lignes de communication et d’approvisionnement syriennes entre Beyrouth et Damas et Tripoli (Liban) et Lataquié (centre de la région alouite et base arrière du gouvernemen,t ba’athiste).


Depuis une semaine, le Hezbollah est engagé dans une bataille féroce aux côtés de l'armée syrienne pour la conquête de Qousseir. Hassan Nasrallah a rejeté en outre toute possibilité de faire alliance avec les rebelles. "Le Hezbollah ne peut pas être sur le même front que les Etats-unis, Israël, les takfirine (sunnites extrémistes) qui pratiquent l'éviscération, décapitent et profanent les tombes"…


Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah Hassan Nasrallah a promis ce samedi à ses partisans la victoire dans la guerre en Syrie où son mouvement est engagé aux côtés de l'armée gouvernementale contre les rebelles.
"Je dis aux gens honorables, aux moujahidine, aux héros: comme je vous ai toujours promis la victoire, je vous en promets une nouvelle", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie tenue à Machghara, dans le sud-est du Liban, à l'occasion du 13è anniversaire du retrait israélien du Liban.


Son discours était retransmis sur un écran géant car il ne se montre pas en public pour des raisons de sécurité, notamment les exécutions ciblées de Tsahal. "La Syrie, c'est la protection arrière de la résistance, le support de la résistance. La résistance ne peut rester les bras croisés quand sa protection arrière est exposée et quand son support se brise. Si nous n'agissons pas, nous sommes des idiots", a-t-il souligné.


Déjà le 30 avril dernier, le chef du Hezbollah reconnaissait officiellement la participation de combattants du Hezbollah aux combats en Syrie. Il déclarait que « Durant ces derniers jours les agressions se sont amplifiées contre les villages dans la province de Qosseir (frontalière avec le Liban). Plus de 30 000 Libanais, de différentes confessions, habitent dans cette région. Au moment où on réclamait la trêve, les groupuscules armés la refusaient car ils avaient d’autres projets à exécuter. Conformément à nos informations, certaines parties libanaises sont impliquées dans ces agressions, ce qui a poussé l’armée syrienne à affronter les agresseurs et à protéger ces villages. Depuis 2 ans, certains libanais sont impliqués dans l’envoi de combattants en Syrie via la Turquie, la Jordanie et l’Irak. Et si vous voulez un jour on en dévoilera les noms et les détails. Aussi, il est normal de notre part d'accorder toute l'aide possible et nécessaire pour épauler l'armée syrienne, les comités populaires et les habitants libanais ».


Les « Comités populaires » sont les nouvelles milices de quartier, milices populaires créées par Damas sur le modèle des « comités de défense de la Révolution », les CDR cubains. Leur création a changé le visage de la guerre civile et permis le nettoyage des villes. Selon une enquête récente de la chaine russe RT, « 75% des syriens soutiennent le gouvernement Assad ». Beaucoup le font désormais les armes à la main contre la violence, le sectarisme et les exactions des gangs djihadistes.


Hasan Nasrallah affirmait aussi ce 30 avril que « La Syrie compte dans la région et dans le monde de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe dans les mains des Américains, des Israéliens ou des groupes takfiri ». Hassan Nasrallah a rejeté en outre toute possibilité de faire alliance avec les rebelles. "Le Hezbollah ne peut pas être sur le même front que les Etats-unis, Israël, les takfirine (sunnites extrémistes) qui pratiquent l'éviscération, décapitent et profanent les tombes"…


Le 9 mai 2013, le quotidien libanais al-Akhbar précisait que le Président Assad avait déclaré que la Syrie allait « tout donner au Hezbollah en reconnaissance de son soutien et qu'il allait suivre son modèle de résistance contre Israël (…) Pour la première fois, nous avons senti que nous et eux vivions la même situation et qu'ils ne sont pas seulement des alliés que nous soutenons ».  Assad a aussi exprimé « sa confiance, satisfaction et grande gratitude envers le Hezbollah » …

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