Haro sur l'accélération du pillage de la forêt camerounaise

 

Sous des dehors de légalité fausse, l'exploitation à outrance de la forêt sous le système Biya fait craindre le pire : la disparition du massif forestier dans ce qu'il a d'essentiel

 

Une Ong internationale a, à nouveau, établi que le bois camerounais subit un pillage sans précedent sous le couvert d'une fausse légalité, le tout sur fond de corruption des fonctionnaires et membres du gouvernement Biya.
D'après un constat de terrain, ce pillage, perpétué depuis l'indépendance par de grands groupes européens (Rougier, Alpi, Thanry, Vastolegno, etc.), se déroule dans des régions qui, contrairement aux exemples canadiens et norvégiens par exemple, ne connaissent aucun avantage économique, social ou infrasstructurel résultant de cette activité. Ils demeurent les plus pauvres du pays.
Le Cameroun dispose, en effet, de l'un des massifs forestiers les plus importants du monde et le deuxième le plus riche en Afrique après la République démocratique du Congo. Mais l'on se demande si d'ici une vingtaine d'années, il restera encore quelque de sa riche flore et de ses multiples essences. Car "le pillage se dépêche" face aux alertes - restées stériles, pour l'instant - des Ong qui crient aux bouleversements climatiques causés dans le Nord par le déséquilibre provoqué par l'exploitation sauvage de la nature.
Une coopération multilatérale impliquant notamment le gouvernement américain a tenté de se préoccuper de la menace que fait peser le pillage de la forêt et le braconnage dans la sous-région Afrique centrale, d'autant que les choses se sont nettement aggravées depuis l'accession au pouvoir du président Paul Biya en novembre 1982 - d'après des indications, il braderait les richesses naturelles de son pays pour rafler des soutiens politiques occidentaux. Mais rien n'y a fait. Son prédécesseur disait lors d'un discours à l'inauguration d'un pont sur le fleuve Kadey qu'il refusait de laisser exploiter la forêt parce qu'elle était "une ressource que son régime résevait à la postérité". Sous Biya, il n'y aura pas de postérité qui vaille que l'on s'en préoccupe. Tout commence par lui et sa petite oligarchie. Et tout finit par lui. Il est l'Alpha et l'Omega.
Du coup, la dévastation de la forêt draîne sur son passage une entreprise de braconnage sans précédent. Sur le terrain, les pillards, tacticiens, procèdent par moult stratégies pour échapper aux fourches caudines de "l'écologisme". Ils exploitent rapidement et font disparaître les essences rares ou interdites comme l'ébène. Ils corrompent en permanence.
Dans une bourgarde comme Yokadouma dans la Boumba-et-Ngoko à l'Est du pays, voire dans le Sud Ntoumou de la vallée du Ntem, l'on est habitué à contempler environ vingt-cinq grumiers chargés de billes de bois et d'essences rares, chaque matin. Un spectacle ahurissant qui, ici, laisse les autochtones indifférents, puisque "tout se fait à Yaoundé par les fonctionnaires de Paul Biya". Le gouvernement a aménagé une petite redevance foretière pour les collectivités décentralisées qui, dans les faits, ne peut que permettre un fonctionnement des administratifons communales, à défaut d'être détournés entièrement par les pontes du système Biya.
La situation est d'autant plus grave, actuellement, que, dans les circonscriptions administratives où le pillage est le plus effrayant, il n'existe toujours ni école, ni routes, ni infratsructure sociale, ni eau potable...
Les pillards construisent tous les ponts en matériaux provisoires, juste pour le temps qu'il faut pour faire passer leurs véhicules. Des cycles primaires entiers s'y débrouillent, très souvent, dans une seule salle de classe en terre battue. D'après des spécialistes, certaines provinces du sud-Cameroun, aujourd'hui considérées comme des zones de broussailles et de hautes herbes, furent également des zones forestères, érodées par l'exploitation forestière...
Une loi de 1994 sur les forêts imposée par la communauté internationale se promettait de stopper les exportations de bois en grumes. Il fut question d'exporter le bois en sciages pour permettre une activité locale en terme d'emplois. C'était sans compter avec une mentalité des fonctionnaires camerounais qui n'ont pas osuvent hésité à "importer" jusqu'aux déchets toxiques industriels sur leur territoire. Cette loi fut vite noyautée et abandonnée à coups de bakchichs par des groupes qui refusent toujours de sacrifier à des coûts de production supplémentaires qui aideraient les riverains à souffrir moins de la perte de ce qui était la source de leur existence.

 

Jean Marc Soboth (Copyright : IciCemac)
Jean Marc Soboth - Adviser (Reserve) of the Executive Committee International Federation of Journalists (IFJ) - First National Secretary, Cameroon Journalists' Trade Union, CJTU / Syndicat National des Journalistes du Cameroun, SNJC - Full Member of the International Federation of Journalists, IFJ - Affiliate of the Commonwealth Journalists Association, CJA - Headquarters at : Akwa Bd Ahmadou Ahidjo (near Lipacam)
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